La blockchain pour résoudre les grands problèmes du monde

2017-10-03T19:23:32+00:00 4 mai 2017|Catégories : Blog|Mots-clés : , |0 commentaire
--La blockchain pour résoudre les grands problèmes du monde

Retour de  voyage de veille INNOCHERCHE au SXSW par Michèle Flasaquier

Au SXSW, j’ai découvert que la blockchain allait permettre de résoudre certains des grands problèmes du monde et c’est ça que je voudrais partager avec vous ce soir.

Prenons quelques exemples concrets :

  • En 2009 au Honduras, une dame qui habite sa maison depuis 30 ans et qui, fait extraordinaire, possède une titre de propriété pour cette maison se fait légalement exproprier par le juge.
    Pourquoi ? Parce que le cadastre a été falsifié.
  • Un réfugié Syrien a tout perdu. Cet homme était, en Syrie, professeur. Il postule pour un poste dans son pays d’accueil mais il a un gros problème.
    Lequel ? Il faut qu’il fournisse ses diplômes.
  • Des centaines de milliers de personnes meurent inutilement chaque année.
    Pourquoi ? Parce qu’ils ont pris de faux médicaments.
  • Des médicaments sont indûment mis sur le marché de manière problématique.
    Pourquoi ? Parce que les labos falsifient les résultats cliniques quand les résultats ne sont pas ceux attendus et que les enjeux sont élevés.

 

La blockchain c’est quoi ?

C’est une technologie qui permet :

  • la certification
  • l’échange
  • et la traçabilité

de manière

  • infalsifiable
  • inviolable
  • indestructible
  • transparente

Dans les exemples précédents

  • Si la maison avait été enregistrée dans une blockchain, on n’aurait pas pu l’expulser (infalsifiable).
  • Si le professeur avait eu ses diplômes dans une blockchain, il n’aurait eu aucun problème (indestructible).
  • Si tous les vrais médicaments étaient tagués dans une blockchain, ces morts seraient évitées.
  • Et on peut tout de suite imaginer des centaines d’usages possibles.

 

La blockchain est la 2ème révolution de l’internet

L’internet a modifié nos vies, en profondeur.

Mais, pour certaines choses, l’internet est insuffisant : quand on envoie quelque chose par internet, par exemple un e-mail, à quelqu’un… on ne l’a pas envoyé : on l’a encore dans son ordinateur. On a envoyé une copie.
Ça, ce n’est pas terrible pour envoyer par exemple de l’argent.

Par ailleurs, sur internet, on peut falsifier un contenu très facilement de ses photos à sa feuille d’impôts. Merci Photoshop. Ça peut être ennuyeux.

La blockchain, s’appuie sur internet, et elle a les mêmes caractéristiques que l’internet à savoir que :

  • c’est un réseau informatique mondial distribué
  • qui n’est pas contrôlé centralement

Mais en plus, c’est un système

  • infalsifiable
  • inviolable
  • indestructible
  • transparent

 

La blockchain, ça permet quoi ?

  • Transfert de valeur

La blockchain permet de transférer de la valeur.

Exemple de l’argent
Claudine veut transférer de l’argent à Paul. Claudine et Paul ne se connaissent pas. Ils n’ont aucune raison de se faire confiance. Claudine et Paul ont un portefeuille électronique en Bitcoin.
Si le portefeuille de Claudine contient plus que la somme à transférer, la blockchain bitcoin va automatiquement effectuer le transfert du portefeuille de Claudine à celui de Paul de manière irrévocable. Et le tour est joué sans intermédiaire. Et c’est enregistré de manière traçable  et indestructible.

Sauf que l’application bitcoin c’est pour geek ++. Pour résoudre les problèmes du monde, il faut aller plus loin.

Pedro est un travailleur immigré aux US qui veut envoyer de l’argent à sa mère au Mexique. Il va se servir d’une application au dessus de la blockchain bitcoin, remettre son argent en dollars et sa mère le recevra en pesos.
Non seulement c’est moins cher (de 10% on passe à 2%, mais c’est plus court (5j -> 2j) et moins dangereux. La criminalité est forte aux alentours des bureaux de la Western Union.

  • L’identité

Au-delà de l’argent et d’une manière générale des transferts de valeur (titre de propriété, diamants…) dans les grands problèmes du monde, il y a celui de l’enregistrement. Par exemple l’identité.
Des centaines de milliers de personnes (20% de la population mondiale) n’ont pas d’identité. Elles sont exclues de l’économie globale. Elles ne sont pas reconnues, ne peuvent rien posséder etc…
Les grandes ONG, certains gouvernements et de nombreuses startups ont commencé à traiter ce problème considérable en s’appuyant sur la blockchain sa qualité d’infalsifiabilité et d’indestructibilité.

Autre sujet : la protection des droits de la propriété à la terre. L’Estonie est première en la matière. C’est un des grands problèmes dans les régions de grande pauvreté… et pas seulement.
En Afrique, seulement 10% des terres sont dûment enregistrés, dans le reste du monde c’est 30%. Même en Europe, en Grèce, seulement 7% des terres sont correctement enregistrées et attribuées.
Cela veut dire que des gens qui cultivent des terres se voient expulsés par des multinationales (un des fléaux de l’Amérique Latine).
Mais cela va plus loin : sur une terre qu’on ne possède pas, on n’investit pas, on ne peut s’en servir comme collatéral…   Des gains de productivité de 30% à 50% ont été enregistrés suite à l’enregistrement des terres. C’est une arme importante dans la lutte contre la pauvreté.

Deux exemples :

  • La startup Factom au Honduras travaille avec le gouvernement sur une blockchain pour le cadastrage des propriétés.
  • Agence nationale des registres publics de Géorgie qui veut éliminer la corruption par ce moyen.

 

Dans le domaine de la santé, le National Institute of Standards and Technology a identifié 70 manières d’exploiter la blockchain. Et en plus évidemment, dans tous les domaines de l’économie, des registres infalsifiables et indestructibles accompagnés de transferts de valeur automatiques selon des « smart contracts », c’est-à-dire des actions exécutées automatiquement par la blockchain. Quand les conditions sont réunies, cela a de très profonds impacts sur la banque, l’assurance, l’industrie, la vie quotidienne, le commerce.

 

Le changement de paradigme

Dans le monde de la blockchain, il y a un changement de paradigme.

Dans le monde actuel, on regarde top-down.

  • Le gouvernement -> les régions -> les départements ->la ville -> le citoyen
  • La sécu -> l’hôpital -> le médecin -> le patient -> le dossier médical
  • L’entreprise -> les salariés -> les clients

Appelons-les les grands acteurs économiques.

Dans le monde la blockchain, on regarde bottom-up.

  • la transaction
  • la maison                              -> l’individu                          -> les grands acteurs économiques
  • le contrat
  • la perceuse

Appelons la transaction, la maison, le contrat des objets économiques et l’individu un agent économiqu
e.
Que les objets et agents économiques soient au centre de l’univers de la blockchain, cela change beaucoup de choses.
Pourquoi ? Parce qu’un grand acteur économique s’interdit de regarder plus loin que son périmètre.
C’est vrai des entreprises mais aussi des collectivités.
Exemple, la mairie a pouvoir sur son périmètre de voirie mais les embouteillages à Issy les Moulineaux , ils sont créés en amont, à Vélizy et pour les travaux du grand Paris. Avec ce système, ce n’est pas gagné.
De la même manière on nous avait expliqué que les nuages de Tchernobyl s’étaient arrêtés à la frontière. Vous vous en souvenez ?

Les grand problèmes écologiques dépassent le pouvoir individuel des gouvernements et la blockchain a un grand rôle à jouer.

Enfin pour ces mêmes raisons, David Cameron pense que la corruption est un des problèmes de la planète et il est à fond pour la blockchain comme solution du problème grâce à la reprise en main de leur destin par les citoyens dans l’action quotidienne.

Exemple : 92% de la population américaine est pour le contrôle des armes à feu mais aucune loi n’est passée car la NRA finance tous les politiques. Elle vient de dépenser 10 millions de dollars pour la nomination du juge Gorsuch, nouveau nommé à la cour suprême par Donald Trump.

Quand le citoyen reprend son pouvoir en maire, qu’il peut contrôler son dossier médical, le monnayer s’il le souhaite auprès de labos tout en conservant son anonymat… qu’il peut monnayer son énergie en excédent, il peut s’organiser pour mieux contrôler les politiques, changer les relations dans le cadre du travail, etc… (Regarder la vidéo sur Youtube « Blockchain et avenir du travail »).

 

Aujourd’hui, où en est-on ?

Après un rapide tour d’horizon des possibles, la question est : où en est-on ?
Réponse au début :

  • Le bitcoin date de 2009
  • La plateforme ethereum date de 2013. Elle est importante car conceptuellement, elle est l’équivalent de l’infrastructure chez Apple qui permet de développer les applications de l’appstore. Tout le monde, grâce à ça peut développer une application basée sur la blockchain.

On en est certes au début mais ça va vite car la promesse est énorme et a des multiples facettes. En plus, personne ne veut rater ce train là, donc il y a de nombreux investissements dans tous les secteurs par les grands acteurs économiques, les ONG, les Etats…

 

Est-ce que ça marche ?

On en est au stade de projets pilotes et il y a peu de réalisations à grande échelle. En même temps, c’est normal car c’est le début.

Donc, tout est immature :

  • La technologie elle-même
  • Les donneurs d’ordres
  • Les startups
  • Les investisseurs
  • Les business modèles

 

Est-ce que ça pourrait dérailler ? Oui.

Si la technologie se révèle non scalable, si l’énergie consommée est inacceptable, si les modèles économiques ne sont pas viables, si les grands acteurs se mettent en travers.

Tout ceci peut arriver.

 

Qu’est-ce qu’il faut faire ?

Est-ce qu’il faut attendre et si oui attendre quoi ?

Je dirai que la blockchain c’est complexe. Il y a beaucoup de dimensions technologie, technique, process, sujets, compétences, acteurs, nouveaux concepts, etc… En plus, certains aspects comme l’aspect technique est compliqué. On ne comprend pas du premier coup, ni même du deuxième.

Donc, il ne faut pas attendre pour s’intéresser à la blockchain. Comprendre ce que c’est à quoi ça pourrait servir dans un domaine, une entreprise ou une collectivité. Et ensuite s’approprier les concepts outils/applications, en faisant un pilote. C’est là qu’on comprend. Pendant ce temps, la maturité va augmenter et il sera temps à la fin du pilote d’envisager les vrais projets.

La promesse est énorme, on ne peut pas plus comprendre tous les aspects futurs qu’on ne pouvait imaginer le monde d’aujourd’hui quand on regardait nos e-mails sur un Nokia. Mais il faut y aller !

Michèle Flasaquier – InnoCherche – Avril 2017

 Voir la vidéo

Lire aussi : Le marketing selon Beyonce et Donald Trump

2017-10-03T19:23:32+00:00 4 mai 2017|Catégories : Blog|Mots-clés : , |0 commentaire

Laisser un commentaire :

Share This

RESTER EN CONTACT !

Abonnez-vous pour recevoir mensuellement les derniers articles Innocherche par Newsletter